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Divorce Véolia / Suez

 

Suez Environnement et Veolia divorcent à l'amiable dans une dizaine de
métropoles
[ 12/02/09 - 19H33 - actualisé à 19:33:00 ]
 
Les géants français de l'eau, ont trouvé un accord pour dénouer leurs filiales
communes. Le dossier doit encore être examiné par les autorités françaises de la
concurrence, Bruxelles, les élus et les salariés.
C'est une bizarrerie du monde de l'eau qui devrait bientôt prendre fin. Suez
Environnement et Veolia Environnement ont fini, en décembre dernier, par
s'accorder sur le décroisement de leurs sociétés communes. En 2002, le Conseil
de la concurrence avait considéré que détenir à parts égales les services de
distribution ou d'assainissement de villes aussi importantes que Marseille,
Lille, Saint-Étienne, Nancy ou Versailles constituait un délit " d'abus de
position dominante collective ".
 
Il y a deux ans, le ministère des Finances avait fait savoir aux deux groupes
qu'il était temps de s'exécuter. Juridiquement, les contrats de concession, dont
certains sont vieux de plusieurs dizaines d'années, ne changeront pas. A très
court terme, c'est uniquement l'actionnariat des sociétés qui va être modifié
dans le cadre d'un échange d'actifs entre les deux groupes afin de satisfaire la
demande des autorités de la concurrence.
 
A l'échéance des contrats, les deux "grands" de l'eau se retrouveront, comme
c'est le cas dans chaque contrat, face-à-face. L'enjeu est important : la
dizaine de concessions concernées par ce débouclage représente près de 3
millions d'habitants et environ 6 % du marché de distribution d'eau potable.
 
Le feuilleton du décroisement
Concrètement, après des mois de négociations, l'accord trouvé entre les deux
groupes prévoit que Suez Environnement récupère notamment la Société des Eaux du
Nord (Lille), la Seram (assainissement à Marseille), et en Ile-de-France, la
Sevesc (Versailles). De son côté, Veolia confirme sa position de poids lourd
dans les Bouches du Rhône, en récupérant la totalité du capital de la Société
des Eaux de Marseille et la Société des Eaux d'Arles. La Stéphanoise des Eaux et
la Société Nancéienne des Eaux lui reviennent aussi.
 
Vu l'ampleur du mouvement, l'accord doit encore être validé par les autorités de
la concurrence française, auprès des instances sociales mais aussi de Bruxelles.
Officiellement, aucun acteur ne souhaite s'exprimer en attendant les réponses
des autorités. Le calendrier retenu par les deux groupes prévoit une
notification officielle dans le courant du mois de mars, une réunion des comités
d'entreprise en avril, en espérant avoir l'accord de Bruxelles en juin pour
pouvoir déboucler les échanges de participation financière avant la fin de
l'année.
 
Ajoutons l'aspect poli tique du dossier. La gestion de l'eau est du ressort des
collectivités locales qui ont accordé les concessions aux sociétés conjointes
entre les deux groupes. Les autorités de la concurrence ont imposé le
décroisement, et les élus vont se re trouver avec une société gérée par un
actionnaire unique jusqu'à expiration du contrat. Mais le fait de disposer d'une
ville peut faire basculer les jeux de pouvoir au niveau local.
 
" Quand un groupe gère un gros contrat sur une commune centre, il a plus de
chances d'en gagner en périphérie grâce à la mutualisation de ses moyens et sa
connaissance du terrain ", explique Loïc Mahevas, directeur de Service Public
2000, une société de conseil aux collectivités locales. " Si le contrat du
Syndicat des eaux d'Ile-de-France cdétenu par Veolia et remis en jeu courant
2009s n'est pas découpé en plusieurs lots, il a toutes les chances d'être
remporté par Veolia, ce qui aurait pour conséquence d'évincer Suez Environnement
du marché d'Ile-de-France. Mais la Sevesc va constituer un contrepoids face à
Veolia, " poursuit Loïc Mahevas. Le feuilleton du décroisement n'a pas fini
d'agiter le petit monde de l'eau.

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